L'importance du toucher.

à retenir

La question du toucher va bien au-delà de la peau, car parmi nos cinq sens, c’est par ce sens particulier que nous nous sentons exister, penser, et que nous pouvons entrer dans le monde du langage.

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Toucher pour se sentir exister, se sentir penser, et parler

La question du toucher va bien au-delà de la peau, car parmi nos cinq sens, c’est par ce sens particulier que nous nous sentons exister, que nous pouvons nous sentir penser, et que nous pouvons entrer dans le monde du langage.

 

En naissant, le bébé arrive dans un monde où il y a déjà de la pensée, du langage et tout un système de relations, mais lui a besoin de son corps et de sa relation avec autrui pour entrer dans le monde de la pensée : pour penser à l’autre, pour se penser en train de penser, et trouver sa place au sein des relations qui forgent son histoire (ses filiations maternelle et paternelle).

 

Se sentir exister

Parallèlement à toutes les fonctions physiologiques qu’elle assure (perception du froid, du chaud, des pressions, de la douleur, des piqûres…), la peau doit aussi, progressivement, être vécue par le bébé comme suffisamment contenante, et suffisamment limitante.

 

Autrement dit encore, le bébé doit, peu à peu, acquérir le ressenti (surtout émotionnel) que tout ce qui se trouve à l’intérieur de son « sac cutané » est bien contenu au dedans, et que sa peau lui offre une ligne de démarcation efficace entre ce qui est à lui (au dedans), et ce qui n’est pas à lui (au dehors).

 

On sait aujourd’hui que pour pouvoir percevoir un objet comme extérieur à soi-même, il faut pouvoir le percevoir par plusieurs canaux sensoriels simultanément.

 

Ainsi, pour que le bébé puisse ressentir sa mère comme une personne différente et située hors de lui, il faut qu’il puisse prendre ensemble, en quelque sorte, les différents stimuli sensoriels qui émanent d’elle : son odeur, son image, sa voix, le goût de son lait et, également, le contact de sa peau.

 

C’est de cette manière qu’il la sentira vivre au dehors de lui, et qu’il se sentira lui-même exister à part entière, ce qui est nécessaire pour qu’il puisse construire son identité propre, c’est à dire établir son équilibre psychique.

 

Se sentir penser

Penser, ce n’est pas seulement éprouver les sensations issues des différentes sensorialités (toucher, sentir, goûter, entendre, et voir), c’est aussi être capable de se ressentir en train de penser, de se penser pensant, c’est ce que l’on appelle la réflexivité de la pensée.

 

De ce point de vue, la peau est sans doute essentielle dans la mesure où le toucher est immédiatement double : on ne peut toucher quelque chose sans être, en même temps touché par ce que l’on touche, ce qui noue étroitement une position active (toucher) et une position passive (être touché).

 

Ceci vaut immédiatement pour le bébé qui se sent nécessairement touché par la mère qu’il touche, qui ne peut la toucher sans se sentir touché par elle, et qui la touche aussi quand elle le touche...

 

Ainsi, le tact est d’emblée réflexif, ce qui permettra ensuite à toutes les autres sensorialités de l’être également : voir/se voir, sentir/se sentir, écouter/s’écouter ... et ce qui organisera, finalement, la réflexivité de la pensée évoquée ci-dessus (se penser pensant).

On voit donc l’importance du toucher, au cœur même du développement psychique.

 

 

Entrer dans le monde du langage

Le tact est la première sensorialité fœtale à se mettre en place pendant la grossesse, avant l’olfaction, le goût, l’audition et la vision en fin de grossesse. De ce fait le fœtus « entend » d’abord avec la peau, en début de grossesse, avant d’entendre par les oreilles, en fin de grossesse.

 

Cette particularité du développement du fœtus et ensuite du développement du bébé, laisse des traces dans notre langage courant puisque l’on sait bien que la voix de certaines personnes nous semblera toujours plus caressante que d’autres, plus touchante, et parfois ... plus horripilante !

 

Ces métaphores cutanées nous disent quelque chose de cette « audition » primaire qui passe par la peau et qui confère donc à celle-ci un rôle fondamental dans la mise en place du langage.

 

Pouvoir parler suppose en effet de pouvoir se sentir exister (dire « je ») et de pouvoir se sentir penser et parler (penser à ce que l’on dit, choisir ses mots).

 

Finalement

Tout massage a donc valeur de message car c’est bien par sa peau que le bébé va se sentir exister, savoir qu’un autre existe, et se sentir penser, toutes choses nécessaires à son entrée dans l’ordre du langage.

 

Toucher son bébé n’est pas seulement lui donner de l’affection. Compte tenu de l’immaturité du nouveau-né humain à terme, c’est l’aider à se construire comme une personne pensant et parlant. La place de l’autre s’inscrit très profondément dans l’organisation du cerveau de l’enfant.

 

 

 

Pr Bernard GOLSE

Service de Pédopsychiatrie

Hôpital Necker-Enfants Malades

 

Interviews du Pr B. Golse

            

 

 

 

 

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