Sérénité et grossesse

à retenir

De l’annonce de la grossesse à l’arrivée à la maternité, une foule d’émotions, de doutes, d’interrogations vous assaillent. Profitez de judicieux conseils pour vivre avec sérénité cette période unique.

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Positif, vous êtes enceinte !

Vous ne réalisez pas encore ce que cela signifie. Vous êtes incrédule, profondément étonnée, vous êtes folle de joie ou…folle d’inquiétude, vous voudriez que le monde entier soit au courant ou vous voudriez garder la nouvelle pour vous comme un secret… Bref, c’est une grande aventure qui vous attend et vous en avez bien conscience, j’en suis sûre, mais quant à la nature de vos émotions, je ne peux rien vous dire, toutes sont possibles. Semblable à des milliards d’autres femmes, vous restez pourtant  unique. Votre réaction le sera donc aussi.

Quelle qu’elle soit, cela, je puis vous l’affirmer, elle sera humaine.


Et maintenant ?

 

Vous ne pourrez pas y échapper. L’annonce d’une grossesse s’accompagne d’une série de formalités administratives à accomplir dans un délai donné. Elles auront le mérite de vous aider à rendre la nouvelle officielle.


Dites-moi : cette grossesse, était-elle souhaitée ? Programmée ? Est-elle une bonne ou une mauvaise surprise ? Ou un peu des deux ?

Ah. Vous auriez préféré attendre, vous ne vous sentez pas prête pour être mère… Ne paniquez pas. Sachez qu’il n’y a rien de mal à ne pas désirer une grossesse, qu’on n’est pas mère comme ça. Prenez donc un peu de temps pour réfléchir, pour apprivoiser l’idée; Discutez avec vous-même et avec vos proches, vous entendrez sans doute des paroles qui vous éclaireront.
C’est une bonne surprise ! Tant mieux ! Toutes mes félicitations, à vous et votre conjoint !
Mais au fait, qu’est-ce qui vous a amenée à consulter ou à faire le test ? Les symptômes vous ont-ils bouleversée, inquiétée, insupportée ou juste interpellée dans votre quotidien ?

Quelque soit la réponse, votre grossesse s’inscrit toujours dans une histoire. Cependant attention ! Dans tous les cas, pendant les trois premiers mois, sachez que rien n’est joué !  C’est affaire de biologie que la première échographie va contrôler. La nature est si bien faite qu’elle va s’assurer elle-même de la qualité de l’œuf fécondé et de la disposition de l’utérus à le recevoir. Si besoin, elle le chassera. Fort heureusement, rien de précis ne se sera dessiné dans votre esprit. Ce bébé à venir n’était qu’une idée assez floue, il n’avait pas encore grande réalité et votre corps ne vous en disait pas grand chose.

 

Les premiers symptômes…

Décidément, cette semaine, ce n’est pas tout à fait comme d’habitude… Bah ! Un passage à vide seulement…

Et puis, un petit retard de quelques jours qui vous chagrine un peu, même si cela arrive parfois. Oui mais s’y ajoutent une tension anormale dans les seins qui persiste, une grande fatigue, des ballonnements !


Un doute.


Qui s’installe avec le temps. Qui finit par vous décider à agir.
Vous filez à la pharmacie pour acheter un test de grossesse ou prenez rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre gynécologue.

 

Chères hormones !

Vous allez rentrer dans le quatrième mois et votre corps va rapidement se transformer. Les hormones secrétées massivement font leur effet : rétention d’eau, muscles attendris, muqueuses amollies et articulations assouplies… Rien de bien conforme aux canons modernes de la beauté  sportive, d’autant que tout cela s’accompagne souvent d’une tendance à la nonchalance, à la lenteur, la passivité. En contrepartie, ces mêmes hormones peuvent vous rendre coquette, séduisante, pétillante…
En réalité, que font-elles, ces hormones ? Le savez-vous ? Elles font de vous un nid bien moelleux et confortable pour le fœtus qui s’y développe.

La deuxième échographie représente une étape importante dans le déroulement de la grossesse. Le fœtus prend davantage la forme d’un bébé : l’image en 3D montre tout son corps, ses organes… Oh ! Ses doigts ! Il a tous ses doigts ! Oh ! Son sexe…c’est donc un garçon ! Nul doute, il est là, et c’est extraordinaire ! Mais qu’est-ce que ça veut dire, « là » ? La science par l’échographie a permis d’immenses progrès dans le pronostic vital du fœtus et du futur bébé, et du coup de rassurer les parents mais elle reste intrusive : ce bébé, bien à l’abri dans le ventre de sa mère, dort la quasi totalité de son temps et pour cause : il n’est pas fini ! Si ses compétences sensorielles sont pratiquement matures, lui ne l’est pas.

 

Il a besoin de ses neuf mois de gestation. Inutile de préciser qu’il faut le laisser tranquille et que les techniques de stimulation transutérines sont à proscrire. Par contre, il faut assurer au bébé des conditions optimales de développement, ce qui sous-entend une bonne hygiène de vie de votre part : oxygénez-vous, interdisez-vous l’alcool et le tabac, ménagez-vous un environnement paisible à l’abri des violences physiques et morales, inscrivez-vous au cours de préparation à l’accouchement en privilégiant le yoga, la sophrologie, la natation....

La grossesse n’est pas une maladie mais c’est un moment à part, précieux. Il y a dans toute grossesse quelque chose de sacré que notre époque a tendance à occulter et que je voudrais vous rappeler. Parce qu’attendre un enfant, cela doit rester magique. Et vous le savez ! Parce que vous, vous êtes dans un état magique ! Les spécialistes appellent cela la « transparence psychique » : vous êtes en lien direct avec votre bébé et vous seule. Bien sûr, votre conjoint est là et il est concerné au premier chef ! Mais lui ne vit pas dans un bain d’hormones qui modifient son corps et son esprit pour accueillir un bébé et c’est heureux ! Sa mission à lui, c’est de porter la femme qui porte le bébé et non pas de porter directement le bébé. La tâche est énorme, inutile de lui en demander plus, inutile de lui rappeler sans cesse que ce qui vous arrive ne lui arrivera jamais.

Cela sera bien assez compliqué pour lui d’aller vous chercher des fraises en plein mois de décembre et en pleine nuit et de décrocher la lune à la petite fille que vous êtes redevenue !


La grossesse est une période qui réactive les relations que vous aviez enfant avec votre propre mère et c’est le moment de resserrer les liens avec elle si besoin. Ne craignez pas de partager vos peurs avec elle – et/ou avec votre conjoint, favorisez l’échange. Attendre un enfant, c’est tout sauf anodin : vos rêves qui évoquent la grossesse et l’accouchement sont de plus en plus nombreux et se font cauchemars : ils traduisent le conflit psychique naturel dans lequel vous vous trouvez : la peur d’avoir ce bébé, la peur de ne pas être capable de l’élever, la peur de le perdre, la peur qu’il soit malformé…se chevauchent et s’entrechoquent.

 

Dernière ligne droite !

Vous vous sentez difforme, votre ventre vous encombre, vous dormez mal et vous déplacez comme un pachyderme… Vous voudriez que cela finisse et comme je le comprends ! Oui mais votre bébé lui n’est toujours pas fini.

Malgré les progrès considérables en réanimation néonatale, il vaut mieux que ce soit la nature qui peaufine son œuvre : j’aurais beaucoup d’arguments pour vous convaincre de patienter mais je n’en retiendrai qu’un seul !

Savez-vous que pendant ce dernier mois, la peau de votre bébé se gorge de vernix caseosa, cette substance grasse et nourrissante dont il est entièrement recouvert ?

Le vernix caseosa assure au bébé une peau saine, belle, souple qui facilitera son passage dans le canal pelvien et jouera son rôle thermorégulateur et protecteur à sa naissance.
Pour autant, pas question que vous subissiez votre situation sans que vous ne fassiez aussi quelque chose pour vous. Direction votre canapé ! Allongez-vous de préférence sur le côté gauche pour un petit somme, un bon film, un livre, une séance de relaxation. Mieux encore, prenez un bain (pas trop chaud !), enduisez-vous de crèmes, prenez soin de vous…après tout, il  n’y a pas que votre bébé qui compte et mieux vous serez, mieux il sera.

La date de votre accouchement approche. Vous avez suivi vos séances de préparation à l’accouchement… on vous a tout expliqué. Vous êtes prête. Ou presque. Parce que, si c’est votre premier enfant, vous n’êtes malgré tout pas sûre de reconnaître les premiers signes du travail.


Si tout se passe bien, c’est, non pas la médecine, mais votre bébé lui-même dont les glandes surrénales vont activer la production d’ocytocine, qui va déclencher les contractions.
Votre ventre durcit de façon d’abord sporadique puis à intervalles réguliers. La sage-femme a dû vous dire de rentrer à la maternité dès la rupture de la poche des eaux ou quand les contractions sont espacées de quinze minutes environ. Rien de plus désagréable et douloureux !
Vous réclamez peut-être la péridurale mais il est encore trop tôt, il faut attendre que le col de l’utérus soit dilaté à 5 centimètres. A quoi donc servent ces contractions ? Sachez qu’elles ont leur utilité.  Elles agissent comme des vagues. Elles poussent le bébé mais aussi elles le massent vigoureusement, ce qui stimule la circulation sanguine, contracte la cage thoracique, l’abdomen, et prépare les fonctions vitales à l’expérience de l’air libre.

Et votre conjoint dans tout ça ?


Ne croyez pas qu’il ait la position la plus facile. Il doit garder son calme, vous réconforter, vous tenir la main, vous rafraîchir le visage, vous aider à vous détendre, à respirer… éventuellement subir vos accès de rage, et tout cela sans pouvoir exprimer ses propres angoisses, voire la panique qui s’empare de lui devant vos souffrances. Impliqué au premier chef, il est pourtant extérieur à ce qui se passe, n’en voit plus l’issue, se sent complètement désarmé, impuissant. Au moment de l’expulsion, quand la sage-femme vous autorise enfin à pousser, il est naturellement désireux d’accueillir le premier votre bébé mais un conseil : qu’il reste tout près de vous jusqu’à la dernière poussée ! Le va-et-vient de la tête du bébé (que l’on appelle et ce n’est pas pour rien, la période de désespérance) est très éprouvant et même incompréhensible pour le néophyte qu’est le futur papa. Il risque de s’imaginer que vous ne faites pas les choses correctement, alors pensez un peu, si en plus, il vous fait des reproches !
Cela étant, certains conjoints hésitent à assister à toutes les étapes, et notamment l’épreuve de l’expulsion de peur de ne pas pouvoir la supporter. Si tel est le cas, n’en soyez pas blessée, respectez ce vœu. Si la dimension symbolique est très belle, cette expérience peut être traumatisante.

Un dernier effort ! Vous entendez la sage-femme vous dire de ne plus pousser ! C’est qu’elle a saisi la tête du bébé et qu’elle va pouvoir vous délivrer. Une fois la tête sortie, le corps glisse très facilement. La sage-femme dépose le bébé sur votre ventre. Elle coupe le cordon ou le fait couper au papa. Vous ? Vous êtes maman. Voir votre enfant, entendre son premier cri, a effacé en une seconde toutes les épreuves que vous avez endurées. Ne reste que la magie. Celle d’avoir donné la vie !

 

Anna Pinelli, sage femme

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