La naissance d’un bébé et d’une maman

à retenir

Ces premiers instants de la rencontre avec votre bébé sont source d’un bonheur unique. Vous accueillez un petit être à la fois très fragile et très solide.

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L’accouchement, le premier tête-à-tête

L’accouchement est un moment crucial pour vous et votre enfant. Vous pouvez choisir de le vivre avec ou sans anesthésie.
L’accouchement sous péridurale permet à la maman de vivre la naissance de son enfant sans souffrance tout en étant consciente de ce qui se produit. Les premiers contacts ne sont donc ni troublés par la douleur et la fatigue, ni gommés par une anesthésie générale. La mère et le bébé peuvent ainsi profiter de ces premiers moments.
D’autres femmes préfèrent vivre l’accouchement naturellement et pensent que la douleur fait partie intégrante de la mise au monde parce qu’elle favorise la conscience profonde de l’événement extraordinaire qui est en train de se produire.
L’essentiel est que l’affectivité des premières heures puisse s’épanouir en toute quiétude ce qui très important pour vous et votre enfant.
La naissance est un moment de grand bouleversement pour votre bébé. Lui qui baignait, à l’intérieur de l’utérus, dans le liquide amniotique, qui était nourri à partir du placenta, va être soudain expulsé de ce douillet cocon. Il va devoir utiliser ses propres poumons pour assurer son oxygénation. Un premier petit cri marque la première respiration aérienne. Les poumons du nouveau-né sont encore encombrés de liquide amniotique. Une fois ceux-ci dégagés, un deuxième cri plus vigoureux indique que le bébé est  prêt à vivre dans son nouvel environnement.

 

L’importance des premiers contacts

 

Il est important que le nouveau-né soit rapidement mis en contact avec sa mère. Le premier regard est un moment privilégié que vous apprécierez sans doute pleinement. Dès qu’il sera né, votre bébé sera déposé sur votre ventre pendant 4 ou 5 minutes durant lesquelles il restera calme et tranquille au contact de votre chaleur avant de recevoir les premiers soins. Pendant ces précieux instants, vous ferez connaissance avec votre petit et, en le voyant, vous serez rassurée de son bon état de santé. Si vous le souhaitez, il n’y a aucune raison pour ne pas garder votre bébé avec vous pendant les premières heures qui suivent l’accouchement. Spontanément, un bébé mis sur le ventre de sa mère rampe pour atteindre le sein. Si vous souhaitez allaiter, il est  recommandé de le mettre au sein dès ce moment-là, sans attendre. Cela favorise la montée du lait. De toute façon, il est conseillé de lui donner à boire : ainsi il ne perdra pas de poids dans ses premiers jours de vie.


Téter est un besoin fondamental pour le bébé. Hormis l’adaptation parfaite du lait maternel aux besoins nutritionnels du bébé (ce lait dont la composition varie avec l’âge de l’enfant, d’une tétée à l’autre et même au cours d’une tétée pour s’adapter parfaitement aux besoins de la croissance physique et cérébrale de l’enfant, ce lait qui ne provoque pratiquement jamais de phénomènes d’intolérance), en dehors donc de ces qualités modèles, l’allaitement au sein comble par lui-même une grande partie des besoins affectifs du bébé. Tous ses sens sont sollicités dans l’allaitement au sein, notamment celui extrêmement précieux du contact charnel. Votre bébé sent la douceur et l’odeur de votre peau et cette intimité le rassure. La maman éprouve souvent du bien-être dans l’allaitement, un sentiment de plénitude épanouissant.
Allaiter son enfant est néanmoins une expérience charnelle qui peut ne pas vous séduire. Ecoutez votre propre désir et choisissez ce qui correspond le mieux à votre personnalité. On n’est pas une « mauvaise mère » parce qu’on choisit de ne pas allaiter.


Au sein ou au biberon, soyez certaine que votre bébé ne souhaite qu’être au plus près de vous. Ce contact favorise le processus d’attachement entre la maman et son enfant. Il faut savoir que, pour le bébé, avoir des relations intimes, charnelles et fréquentes avec sa mère développe à coup sûr en lui un sentiment de sécurité affective et de « tranquillité d’âme ». Il est bon de profiter de cette période des premiers jours de la vie pour lui assurer cette proximité, pour partager cette intimité qui vous liera plus fortement l’un à l’autre.
Pendant les 24 ou 48 heures qui suivent le grand bouleversement de la naissance, votre bébé vit dans une sorte de sidération. Il dort beaucoup et pendant ce temps, les grandes fonctions de son organisme se mettent en place et prennent peu à peu un fonctionnement normal. Il faut le garder bien au chaud car il est encore sujet à beaucoup de troubles de la circulation sanguine. Il se refroidit rapidement, ses petites mains tout comme ses pieds peuvent être légèrement bleutés, ce qui n’a rien d’inquiétant.


Lorsqu’il est réveillé, votre bébé perçoit tout. Tous ses sens sont en alerte, prêts à fonctionner et déjà soumis à un afflux énorme d’informations. Les stimulations que le nouveau-né reçoit dès après sa naissance sont infiniment supérieures en nombre et en intensité à celles que reçoit le fœtus pendant sa vie intra-utérine. A chaque instant de sa nouvelle vie, votre bébé enregistre une quantité impressionnante de données et ses capacités de mémorisation sont fabuleuses.

 

Sensations et émotions inattendues


« Est-ce que tout va bien ? Est-ce qu’il est normal ? » Qu’elle soit exprimée ou non, cette Inquiétude est présente dans la tête de toutes les mamans. Les tests médicaux sont là pour vous dire que votre bébé est en pleine santé mais ce qui vous rassurera le plus profondément, c’est de voir votre bébé et de le sentir contre vous.
Juste à la naissance ou dans les heures qui suivent l’accouchement, quel qu’en soit le moment, vous aurez le sentiment de toucher à l’essentiel. Prenez le temps de ressentir, prenez le temps de garder votre bébé contre vous, de sentir son odeur, de connaître son rythme de respiration. Des liens se tissent : vous le reconnaissez et lui aussi vous reconnaît déjà.
La première nuit est souvent une nuit blanche, une nuit d’excitation au cours de laquelle vous vous pencherez souvent sur le petit berceau. Ayez confiance : par sa vitalité, le bébé aide à surmonter toutes les difficultés ; il émane de lui une force de vie considérable et par là même rassurante pour la maman.

 

« J’ai abordé l’accouchement sans appréhension, dans le sentiment de vivre un moment unique. Je n’ai ressenti que de la joie. J’ai voulu accoucher sans péridurale parce que je crois que la douleur participe à la naissance dans le sens où elle permet le lâcher-prise et l’abandon dans ce qui se passe. Sous péridurale, on sent moins le passage de l’enfant et moi, j’avais besoin de sentir ce qui était en train de se produire et de visualiser les choses pour accompagner l’enfant. Quand je ne savais plus où j’en étais, je demandais à la sage-femme de me décrire ce qui se passait pour m’aider à visualiser la venue au monde de mon bébé. Pour moi, la naissance est un moment crucial et primordial d’accompagnement de l’enfant. » Marie-Hélène


« J’ai accouché avec trois semaines d’avance… je dirais plutôt que c’est ma fille qui a décidé d’arriver ce jour-là car elle était totalement prête pour venir au monde ! C’est avec mes enfants que j’ai ressenti cette dimension spirituelle que je donne aujourd’hui à la vie, sans étiquette religieuse d’ailleurs. Transmettre la vie, c’est accompagner une vie, une vie que je sens arriver de quelque part…J’ai ressenti cela très fortement au moment de ma première grossesse. Il me semble que l’on est le maillon d’une chaîne qui a du sens ! » Marie-Hélène


« J’ai choisi d’accoucher sans péridurale, pour vivre le moment comme il est, dans sa réalité et la souffrance en fait partie. J’avais suivi les cours de préparation à l’accouchement et cela m’a aidée, mais on réagit de façon très instinctive  au moment où les choses se produisent. Et j’ai vécu l’accouchement comme un événement tout à fait surréaliste ! » Gwenaëlle


« Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, j’en ai été très heureuse, la seule chose à laquelle je ne voulais pas penser, c’était l’accouchement. J’avais peur souffrir, je ne voulais pas entendre parler de l’accouchement à tel point que je n’ai pas suivi les cours de préparation. J’ai été un beau jour « démasquée » par mon mari. J’ai alors pris rendez-vous avec une sage-femme. Je dois d’ailleurs dire que la formation accélérée que j’ai subie a été plutôt bénéfique, j’ai compris que l’accouchement était quelque chose de naturel, que notre corps était fait pour cela. Pour mes deux accouchements, la péridurale a été une véritable bouée de sauvetage, même si, j’ai quand même pas mal souffert, surtout pour mon premier bébé. J’ai surtout ressenti une immense fatigue. Quand le bébé est né, à cause de cette fatigue, je n’ai pas eu envie de le garder trop longtemps sur moi. Je voulais me reposer. Il m’a fallu au moins une heure pour me sentir mieux et avoir plaisir à prendre mon enfant. Aujourd’hui ce n’est plus qu’un souvenir, une épreuve que je suis à nouveau prête à surmonter. » Camille


« Pour mon second accouchement comme pour le premier, j’ai demandé à bénéficier d’une péridurale. Je n’avais pas envie de trop souffrir et je craignais de m’épuiser si l’accouchement était long. J’ai beaucoup apprécié qu’à chaque étape du travail, la sage-femme m’explique où l’on en était et les choix à faire en matière d’anesthésie. Je voulais ne pas avoir mal mais je souhaitais aussi garder des sensations. Le dosage des produits et le moment où ils ont été administrés, tout a été juste pour que l’accouchement se passe bien. Le bémol que je mettrais, c’est peut-être cette sensation bizarre d’ankylosement du bas du corps et la contrainte de la perfusion. On a l’impression d’avoir des tuyaux partout, on ne peut pas bouger librement… mais c’est merveilleux, on peut vivre pleinement la naissance. La première grande émotion pour moi a été le premier cri de ma fille. » Marie

La présence du père à l’accouchement
Il est important, si vous le désirez, que votre compagnon soit à vos côtés au moment de l’accouchement. La meilleure des situations est celle où vous vous sentirez bien, en confiance, à l’aise, entourée et soutenue par celui que vous aimez. Le premier regard échangé avec le bébé, ce moment si privilégié, vous pourrez le savourer à deux.
S’il n’ose pas le faire de lui-même, n’hésitez pas à demander à votre compagnon de vous aider et occupez-vous du bébé à deux. Vivez ensemble cette naissance, l’arrivée de cette nouvelle vie et après l’effervescence médicale de la clinique, ménagez-vous un temps de rencontre pour découvrir ensemble le bébé que vous avez conçu tous les deux.


« Mon compagnon était présent au moment de l’accouchement et cela a été très important pour moi.  C’est un moment fort que l’on a vécu ensemble. Là encore, de façon très instinctive, il a fait les bons gestes pour m’aider. » Gwenaëlle


« Pour moi, l’expression de mon mari à la naissance de notre enfant reste un souvenir merveilleux. Son émotion était si intense, son visage avait une telle expression de bonheur… La beauté de ce moment reste inoubliable pour nous deux. C’est important de vivre une telle émotion à deux et aussi que le père puisse partager ces instants uniques » Camille


« Comme pour tout ce qui a concerné la grossesse de ma femme, je serai présent à l’accouchement. Je souhaite être présent car la naissance doit être un moment que l’on partage à deux… même si le contexte de l’hôpital et des blouses blanches ne me plaît pas plus que ça. Pour moi, cela va de soi, on n’a même pas eu besoin d’en discuter avec ma femme. Ce que j’attends le plus, à l’instant même de la naissance, c’est de ressentir l’émotion de ma femme,  de lire cette émotion sur son visage. Et puis, c’est de voir et d’entendre  enfin notre bébé. Tout ce qui aujourd’hui est encore en partie abstrait pour moi va  se concrétiser à cet instant précis. » Sylvain


« Pour moi, c’était inconcevable de ne pas assister à la naissance de mes enfants. Je voulais être là, près de ma femme, pour l’aider et pour l’accompagner dans l’épreuve de l’accouchement. La première naissance est peut-être plus intense parce que c’est la première fois qu’on vit l’événement. Nous ne connaissions pas le sexe de notre bébé et quand on nous a annoncé que nous avions un petit garçon, j’en ai été très ému. » Julien

 

La découverte du nouvel être

Comment réagir face à son bébé ?


Il est là, dans vos bras, ce petit être nouveau, et si beau ! Vous n’avez de cesse de le regarder, de l’admirer. Vous n’en revenez pas : c’est vous qui l’avez fait et si bien « réussi » ! Vous l’admirez et déjà vous l’aimez. C’est dans la manière dont vous allez percevoir les besoins de votre bébé et répondre à ses comportements innés (mouvements, pleurs, cris…) que se joue une bonne part du développement de l’enfant et de ses comportements futurs.
Car il y a quatre éléments fondamentaux pour un bébé : l’amour que ses parents  lui portent ; la nourriture qu’on lui donne, celle-ci devant lui être donnée de la façon qui lui convient ; la douceur des gestes de ceux qui s’occupent de lui ; enfin, la douceur de la voix de ceux qui lui parlent. Si ces quatre éléments fondamentaux sont respectés, le bébé est calme et équilibré.
On sait aujourd’hui combien les comportements maternels influencent les différences de comportements des bébés. Si une mère calme et tranquille a un bébé au départ excitable et hypersensible, il y a toutes les chances pour qu’elle le transforme à son image. Mais l’inverse se produira également. Avec une mère particulièrement inquiète ou anxieuse, un bébé calme peut devenir agité parce qu’il ne ressent pas la sécurité affective dont il a besoin.
Le nouveau-né perçoit très bien la qualité du toucher lorsque l’on s’occupe de lui : lorsqu’on le nourrit, le change, le nettoie, le berce… Votre bébé a besoin d’être pris, tenu dans vos bras. Les caresses et les soins que vous apportez à votre bébé représentent 4 à 6 heures de contact intime par jour. Imaginez son ressenti si, pendant 4 à 6 heures par jour, il devait supporter des gestes brutaux ou mal assurés, une voix sèche ou trop forte, si on le posait sur des surfaces froides et dures et si on l’exposait à des lumières trop violentes !
Votre aptitude maternelle à manier votre bébé de façon adaptée et agréable pour lui est tout à fait fondamentale et représente ce qu’on appelle le « dialogue tonique ». Car cette relation charnelle avec vous est un véritable langage pour le bébé. Vous exprimez votre amour pour lui à travers vos gestes, vos mains, votre regard ; et lui comprend l’amour que vous lui portez lorsqu’il entend votre voix douce et qu’il sent sur son corps des gestes tendres. Il lit également dans vos yeux la force de votre attachement.
La douceur est absolument nécessaire dans l’approche du petit bébé. Un des éléments les plus structurants de sa future personnalité est la qualité de la voix de la mère avec tout ce qu’elle comporte de douceur, de chaleur affective, d’amour, de compréhension, de non agressivité et, plus tard, de raisonnement logique ou non. Tout s’imprime dans le cerveau tout neuf du bébé.

 

Précocité extrême des capacités du nouveau-né


Dans les premiers jours de sa vie, le bébé est pourvu d’une série de réflexes primaires : réflexe de succion et de déglutition (il faut lui donner à boire sans attendre, dès qu’il a quelques heures), la marche automatique, le réflexe de redressement de la nuque, le « grasping » des mains (le bébé agrippe fortement les 2 index du médecin au point qu’on peut le soulever), le réflexe de Moro (couché à plat sur le dos et soulevé un peu brutalement par les pieds, le bébé écarte violemment les bras puis les ramène devant lui). Excepté celui de la succion, ces réflexes primaires disparaîtront tous au bout de quelques semaines.
Votre bébé est aussi et déjà très attentif à ce qui l’entoure. Son éveil est extraordinaire.
Le nouveau-né voit, il est plus attiré par les visages que par les objets. Dès l’âge de 10 à 15 jours, le bébé a un regard d’une fixité profonde : il vous scrute, il vous observe d’une façon intense. Il entend dès sa naissance, il est très sensible aux bruits et reconnaît les intonations de la voix de sa mère dès l’âge de 3 semaines, peut-être même plus tôt. Il a un odorat développé : à 5 ou 6 jours, il reconnaît l’odeur de l’aisselle et du sein de sa mère. Si son goût n’est pas encore formé, il fait néanmoins la différence entre le lait maternel et celui d’une autre femme et rejette déjà les saveurs désagréables.
L’odorat joue un rôle considérable dans l’établissement des relations entre le bébé et son environnement. Et il a une part importante, dans les premières semaines de la vie, dans le dialogue intime que votre bébé va établir avec vous au moment de l’allaitement au sein notamment.
Les bébés viennent au monde avec un cerveau dont les millards de cellules nerveuses en place sont encore très peu connectées les unes aux autres. Ces connexions vont s’organiser, de façon d’autant plus importante que l’organisme est plus jeune, sous l’influence des stimulations du monde extérieur. Ainsi que certains travaux scientifiques ont pu le montrer, celles des premières semaines de la vie jouent un rôle considérable dans la formation d’un certain nombre de structures du système nerveux. Chaque organe a besoin d’être stimulé pour pouvoir se développer correctement.
Les nouveau-nés sont tous différents : ils ne réagissent pas de la même façon aux diverses stimulations. Et si celles-ci sont nécessaires, des sollicitations trop importantes peuvent aller contre l’effet recherché. Trop excité, votre bébé peut choisir de couper la communication en s’endormant. Il s’agit donc pour vous de vous adapter à votre enfant, de respecter ses rythmes, de ne pas le surcharger. Il faut que vous soyez là, présente, au moment où le bébé est prêt à communiquer, à établir des contacts.
Pour établir de bonnes relations avec votre bébé, il est fondamental de « bien le sentir », de le solliciter à bon escient et non à contresens, de bien percevoir ses demandes pour y répondre de façon adaptée.
Le nouveau-né n’a cette capacité d’attention et d’ouverture au monde que seulement quelques instants par jour lorsqu’il est calme, rassasié, sans colique.
C’est bien sûr durant les périodes d’éveil calme, au cours desquelles il est attentif et vigilant, que le bébé est le plus réceptif aux stimulations extérieures et le plus apte à répondre et à communiquer par des mouvements de la tête et des membres, car un bébé de quelques jours est capable d’avoir des mouvements intentionnels. Il n’a pas seulement une mobilité de masse mais également une mobilité fine. Il répond également par le regard ou même le sourire. Car le nouveau-né sourit. Dans les premiers jours de sa vie, le sourire se traduit par une détente des traits du visage témoignant de son bien-être ; il réagit à des regards attentifs, des paroles doucement prononcées. Au cours de ces périodes d’éveil calme, votre bébé est alerte, disponible, très présent, concentré sur votre voix, vos regards, les mots tendres inventés pour lui. Ces périodes durent quelques minutes répétées cinq ou six fois par jour. Elles vont s’amplifier, durer de plus en plus longtemps et couper réellement les périodes de sommeil.
La précocité de la perception sensorielle, les capacités développées d’apprentissage conduisent à l’apparition, dès les premiers jours de la vie, de véritables comportements sociaux et l’instauration de relations étroites entre l’enfant et son entourage. L’établissement de ces relations précoces est très important.

 

 

« A la naissance de ma fille, je suis arrivé à la maternité une heure et demie après l’accouchement qui s’était passé très facilement, et elle était couchée dans son berceau à côté de sa mère. Lorsque j’ai ouvert la porte de la chambre et que je me suis mis à parler, elle a ouvert les yeux : elle m’a regardé et écouté. J’étais déjà un pédiatre chevronné, mais personne ne m’avait appris qu’un bébé de cet âge regardait et écoutait.» Dr Julien Cohen-Solal.




Ce que ressent bébé


Le nouveau-né ressent l’ambiance du milieu dans lequel il vit. Tout s’imprime en lui d’autant plus fortement que le ressenti est précoce.
L’enfant arrive au monde avec un cerveau tout à fait immature mais pourvu d’immenses potentialités.
Les capacités innées du bébé et les réponses de son entourage entrent dès le moment de sa naissance en interrelation. Autrement dit, les comportements du bébé s’élaborent sous l’influence d’une perpétuelle confrontation entre ses manières d’agir et les réponses de ses parents.
L’enfant se forme à partir de l’instant de sa conception, avec un développement biologique programmé mais qui a déjà subi les influences du milieu dans lequel vit la future maman. Mais c’est à partir de l’instant de sa naissance qu’interviennent les stimulations dépendant du monde extérieur. Toute stimulation va s’imprimer dans le cerveau et intervenir dans l’établissement de connexions multiples entre les neurones. De tous les jours de la vie, il est probable que le plus important soit le premier car c’est en ce premier jour que les neurones établissement le maximum d’interconnexions, celles-ci ne faisant que décroître au fil des jours.
Dans les premières semaines de la vie, les stimulations se font par l’intermédiaire de la vue, de l’ouie, de l’odorat, du goût, d’un contact corporel global et des sensations venant de l’intérieur du corps (sensations musculaires et viscérales).
Les cinq sens interviennent donc d’emblée et les stimulations sensorielles représentent l’impact du monde extérieur sur le bébé. La mère qui s’occupe de son bébé, l’allaite, le nourrit toujours elle-même, et lui procure un contact totalement intime plusieurs heures par jour est à l’origine de la plupart de ces stimulations sensorielles. Que se passe-t-il dans le cerveau du bébé ? Ces stimulations sensorielles s’y impriment, mais aussi et surtout des impressions complexes, des stimulations sensorielles accompagnées de sensations de plaisir ou de déplaisir. L’image de la mère va se trouver liée à ces diverses sensations dans la structuration de plus en plus riche du subconscient de l’enfant.
Les données intervenant dans la formation de la personnalité sont nombreuses, diverses et complexes et se prêtent peu à une approche scientifique. Comment analyser des données dont les plus fondamentales relèvent de la « chaleur humaine », de « l’environnement affectif » du nouveau-né ?
On connaît l’importance de la qualité des rapports entre le bébé et sa mère et l’importance de la qualité de la personnalité de la mère. Pour l’enfant, il existe également un autre élément structurant tout à fait fondamental : il s’agit de la manière dont l’enfant est vécu par chacun de ses parents, autrement dit des rapports affectifs réels entre l’enfant et chacun des parents.
La formation du ou des premiers attachements se fait par diverses perceptions sensorielles. Dire que le bébé « reconnaît » sa mère par exemple, signifie  qu’un début de connaissance s’est installé grâce à la répétition de stimulations toujours semblables. Un bébé qui serait soigné tous les jours par une personne différente ne pourrait nouer aucun lien d’attachement. Lorsqu’à 2 mois, le bébé ne sourit plus spontanément à une personne étrangère mais reste d’abord grave, attentif et scrutateur, cela signifie bien à quel point le bébé a déjà une connaissance très précise et très élaborée, des visages et des lieux qui lui sont familiers.
En dehors de la maladie, physique ou mentale, il n’y a pas de bébé triste. Pour que l’épanouissement se poursuive, le bébé a besoin de stabilité dans son existence quotidienne et de ne pas subir de frustration affective importante, susceptible de laisser des traces (séparation prolongée d’avec sa mère par exemple).
Toutes les connaissances accumulées, toutes les traces ancrées dans la mémoire du bébé (par empreinte, réflexe conditionné, apprentissage) vont constituer la base à partir de laquelle se définissent les premiers comportements, les conduites pulsionnelles simples puis complexes induisant des choix.
Les choix du bébé ne sont jamais fortuits même s’ils ne sont pas réfléchis dans les débuts de la vie. Le comportement pulsionnel est la réponse de l’inconscient aux demandes extérieures et intérieures, qui sont en réalité le désir.
Tout petit, le bébé est le reflet de son ambiance émotive ; plus il grandit, plus il est influencé par le rôle culturel de cette ambiance, qu’il se modèle en l’imitant ou en s’y opposant.

 

Les prémices de l’attachement : comprendre son bébé pour agir en conséquence

Dans les premiers jours qui suivent la naissance de votre bébé, vous faites doucement  connaissance avec lui, vous apprenez à satisfaire ses besoins, à comprendre ses appels, à intégrer son rythme. Et vous y réussissez très bien car généralement les jeunes mamans trouvent spontanément le bon contact avec leur nouveau-né, même si c’est leur premier enfant.
Les échanges précoces qui s’établissent entre vous et votre bébé créent les prémices d’un attachement profond. Dans ces premiers échanges, votre bébé tient un rôle actif très important car il attend des réponses à ses demandes, d’où l’importance de la bonne adaptation des réponses.
Très tôt, vous allez comprendre que votre bébé s’exprime à travers ses pleurs et que ceux-ci ont toujours une signification. Le bébé dispose d’au moins cinq ou six pleurs ou cris différents pour exprimer ses besoins ou ses émotions : la faim ou la soif, la recherche du sommeil, la douleur, la gêne, la demande de compagnie  
Au début, le bébé a besoin qu’on l’aide à organiser, pour lui-même, son activité spontanée, alternant moments de calme et moments de faim ou d’activité au cours desquels se produisent les échanges. Il est fondamental de ne pas contrarier ces alternances. Avec un nouveau-né, beaucoup de choses peuvent se jouer en quelques secondes ou quelques minutes, et chaque petit moment peut avoir de l’importance.
La manière dont l’entourage se comporte avec le bébé durant les premières semaines et réagit de façon adaptée ou non, aux comportements spontanés du bébé, à ses sollicitations, à ses demandes, semble régler en partie son humeur et l’installation des conduites de base : avec des réponses adaptées, on obtient un bébé calme et bien réactif, souriant, avec un bon appétit et dormant bien ; dans le cas contraire, un bébé agité et excité, à la mine renfrognée, mangeant et dormant mal.
Il suffit de regarder agir un bébé à partir des premiers jours de sa vie pour prendre conscience du caractère pulsionnel de la majorité de ses actions et du fait que celles-ci ne sont pas fortuites mais obéissent à une logique interne. Un nouveau-né qui pleure n’est jamais capricieux. Il exprime un besoin fondamental pour lui qui peut être la faim ou celui d’être avec sa mère. Toutes les études montrent que les bébés qu’on ne laisse pas pleurer inutilement – il ne s’agit pas pour autant de se précipiter sur eux, à la seconde, dès qu’ils pleurent – ont des chances de devenir des petits enfants faciles et complaisants, contrairement à ce qu’on pourrait croire.
Les comportements comme les pleurs et les cris du début de la vie ont une signification quant aux désirs ou aux besoins du bébé ; pour vous, le but est d’arriver à les comprendre et à en interpréter le sens.

 

Des moments parfois difficiles : culpabilité et baby blues

Quelques jours après un premier accouchement, il est fréquent que la jeune mère traverse un état mélancolique où se succèdent des moments de découragement, des envies de pleurer incontrôlables et des moments de grande joie. Vous ne comprenez pas ce qui vous arrive, vous qui avez tant désiré ce bébé qui est dans vos bras à présent, vous éprouvez des sentiments mêlés…Ne vous inquiétez pas. Cet état de susceptibilité extrême est une réalité à laquelle peu de jeunes mères échappent mais dont l’intensité et la durée sont extrêmement variables d’une femme à l’autre.
La chute hormonale de fin de grossesse serait-elle à l’origine de cet état que l’on nomme le baby blues ? Il est fort possible que cela soit un facteur déclenchant. On peut aussi comprendre qu’après avoir attendu tous ces mois (et même parfois des années quand la fécondation a été difficile), vous ayez un sentiment de manque, une impression de « ventre vide», une fois votre objectif accompli. Vous venez de vivre à travers l’accouchement une véritable séparation, vous qui avez couvé, abrité cet enfant : il faut bien constater que le temps de la symbiose absolue est terminé.
Certes, ce qui l’emporte, c’est votre joie d’avoir été capable de faire naître cet enfant mais vous êtes fatiguée et assaillie par une multitude de petits soucis auxquels vous ne savez comment faire face. Il faut vous accorder un peu de temps pour vous remettre de votre accouchement tant sur le plan physique que psychologique. Rien n’est plus normal et nécessaire… et tout rentrera dans l’ordre.

 

Introduction

Le grand jour est arrivé : celui de la naissance de votre bébé. Vous attendez ce moment depuis neuf mois, parfois avec appréhension à mesure que la date de l’accouchement approche, mais en gardant en vous l’impatience de vivre ce moment tant espéré du premier tête-à-tête, l’instant où vous prendrez votre enfant dans vos bras. Ce moment s’offre à vous maintenant, une expérience à vivre pleinement comme un événement « extraordinaire ».
Ces premiers instants de la rencontre avec votre bébé sont source d’un bonheur unique. Vous accueillez un petit être à la fois très fragile et très solide. C’est un état que l’on peut qualifier de paradoxal : le bébé demande beaucoup d’attention et de douceur tout en ayant en lui un formidable élan vital qui le pousse à grandir.

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