Travailler sans culpabiliser

à retenir

Il est rare qu’un bébé ne s’adapte pas, quel que soit le mode de garde choisi.

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La fin de votre congé de maternité approche, et comme toutes les jeunes mamans, vous vous sentez gagnée par une montagne d’anxiété. Comment surmonter la double épreuve qui vous attend – me séparer de mon bébé, retrouver l’envie de travailler comme avant – alors que plus rien ne l’est, comme avant.

Il est vrai que devenir maman, c’est difficile, alors comment l’être vraiment, seulement 2 heures par jour ?

 

MATERNITE ET CULPABILITE : UN RESSENTI INEVITABLE


Sachez que vous n’êtes pas un cas isolé, toutes les mamans qui travaillent se sentent coupables de devoir faire garder leur enfant, à peine 3 mois après la naissance. Et ce, pour plusieurs raisons :

D’une part, c’est vous qui avez nourri et porté votre enfant pendant 9 mois : la grossesse déclenche une prise de conscience de la fonction vitale de la mère pour le développement du fœtus. Et cette fonction vitale se prolonge avec la symbolique de l’allaitement. Même si vous faîtes le choix de ne pas donner le sein, c’est bien vous, la mère, qui êtes physiologiquement programmée pour nourrir votre bébé (montée de lait, réveil nocturne instinctif lorsque Bébé pleure, etc.). Et c’est bien auprès de Maman que Bébé se sent le plus en sécurité : il reconnaît les battements de votre cœur, votre odeur, votre voix. Au cours des premiers mois de la vie, la mère est indispensable au bien-être et à la croissance de son bébé, c’est une réalité.


D’autre part, même si les mentalités ont évolué, ce sont encore les femmes qui portent la charge  mentale de l’organisation du quotidien à la naissance d’un enfant. Certes, le congé de paternité existe, certes les pères sont de plus en plus impliqués, mais il faut se rendre à l’évidence : la gestion pratique  des événements repose sur les épaules de la mère, et ce dès la grossesse. Connaissez-vous beaucoup de papas qui savent quel est le nombre de visites obligatoires chez le pédiatre la première année ? Qui prennent l’initiative de gérer le recrutement d’une nounou ? Qui se lèvent vraiment à tour de rôle, la nuit, pour donner les biberons ?


La psychanalyste et psychologue de la petite enfance, Sylviane Giampino, l’explique très bien dans son essai. Les mères qui travaillent sont-elles coupables ? Un conflit de virilité persiste : les pères ont encore du mal à partager les responsabilités, le rôle de la mère étant tellement surinvesti dans les mentalités. Et pourtant, il suffirait que ce partage mental des responsabilités se mette en place pour que les femmes se sentent moins écartelées entre vie professionnelle et vie familiale. Et donc, moins coupables.


DEUX SCENARIOS CLASSIQUES

 

Je suis heureuse de retrouver ma vie de femme active, mais je culpabilise de passer si peu de temps avec mon bébé. Comment rester sereine ?

 

Ne pensez pas, à tort, que vous abandonnez votre bébé mais que vous contribuez, au contraire, à la construction de sa propre identité. Se séparer de maman, c’est grandir. Les pédiatres s’accordent à dire que les enfants dont les mères travaillent ne souffrent pas de leur absence du moment que celles-ci se rendent à 100% disponibles une fois rentrées à la maison. Une présence permanente mais peu attentive est bien moins profitable à la sécurité affective de l’enfant que quelques heures de profonds échanges, chargés de tendresse.


Sachez par ailleurs que votre inquiétude est contagieuse. Si vous êtes triste ou stressée, votre bébé le sera aussi. L’angoisse de la séparation sera là tant que vous ne créerez pas de vrai climat de sérénité émotionnelle. A vous de jouer pour partir le cœur serein.

Et n’oubliez pas qu’il est rare qu’un bébé ne s’adapte pas, quel que soit le mode de garde choisi. Les professionnels de la petite enfance savent ce qu’ils font : c’est leur métier. Apprenez à leur faire confiance.

 

Les solutions concrètes pour déculpabiliser :

-          Tant que les mères ne sont pas convaincues d’avoir trouvé le meilleur mode de garde possible, la culpabilité persiste. Si vous n’avez pas confiance en votre nounou, ou que les contraintes de votre crèche (horaires d’ouverture, distance, nombre d’enfants gardés, etc.) sont difficiles à gérer, trouvez une autre solution. Persévérez tant que vous n’êtes pas satisfaite.

-          Offrez des moments de qualité à votre bébé : le matin, pas de réveil brusque, ni de départ dans la précipitation. Le stress, c’est de l’insécurité à l’état pur. Le soir, déconnectez complètement de votre journée de travail : faîtes le vide mental, puis consacrez-vous à 100% à votre enfant, ne serait-ce qu’une demi-heure, en pleine conscience.

-          Impliquez le père dans la gestion des tâches du quotidien, répartissez-vous les rôles. Si vous êtes en charge de tout, tout le temps (biberons, changes/bain, câlins, trajets crèche/nounou, consultations médicales, etc.), vous porterez seule toute la responsabilité de ce qui ne va pas. Agissez de la même manière avec votre nounou : déléguez au maximum. Enfin, apprenez à demander de l’aide à votre entourage (votre famille, vos amis, vos voisins…).

 

Je supporte mal de ne pas voir mon bébé de la semaine, et de ne pas réussir à tout gérer au bureau. Que faire ?


Il y a des signes qui ne trompent pas. Au début, vous avez (simplement) culpabilisé d’être une maman qui travaille. Mais maintenant, vous en souffrez vraiment.

Troubles du sommeil, migraines, mal de dos, fatigue excessive, déprime, attitude compulsive (boulimie, tabac…), troubles chroniques (bronchites à répétition, etc.), les symptômes sont là. Rendez-vous à l’évidence : même si vous essayez de vous y faire, la situation ne vous convient pas, et le corps se charge à votre place de dire NON de toutes ses forces.


Pas de panique, des solutions existent.

Les solutions concrètes pour faire face à  votre double vie (maman/femme active) :

-          Aménagez votre temps de travail

Le 4/5ème est la première solution à envisager.

Vous ne serez pas la première maman à le demander, même s’il s’agit de votre premier enfant. D’après les statistiques de la CAF, 75% des mères réduisent leur temps de travail avec des enfants en bas âge. Relativement facile à mettre en place avec votre employeur, il n’implique pas de lourde modification de contrat de travail (contenu de poste quasi-identique, niveau hiérarchique identique), en dehors de l’ajustement de votre salaire.

Le mi-temps est plus difficile à mettre en place, mais certaines professions sont compatibles avec ce type d’aménagement. L’idéal étant, avant d’en parler à votre employeur, d’avoir identifié dans votre réseau plusieurs candidates adéquates à devenir votre « double ». Si vous proposez à votre patron une solution clef en main, vous aurez plus de chances de le convaincre.

-          Demandez un congé parental

  • même s’il s’agit d’un 1er enfant, vous pouvez demander un congé parental, et ce, jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Celui-ci se prend par période maximale d’1 an, renouvelable 2 fois.
  • l’allocation de la CAF ne sera versée que pendant 6 mois s’il s’agit d’un 1er enfant, alors qu’elle peut être perçue pendant 3 ans à partir du 2ème enfant.
  • le congé parental est confortable car il n’implique pas de décision radicale (à l’inverse d’une démission). Vous pouvez par exemple demander un congé parental jusqu’aux 6 mois de Bébé, puis décider de retourner travailler. Pour rester en bons termes avec votre employeur, prévenez-le le plus tôt possible (à minima 1 mois avant la fin du congé maternité).

En savoir plus : fiche conseil LES DROITS DE LA FUTURE ET JEUNE MAMAN

 

-          Solution plus extrême, mais qui peut s’avérer bénéfique : réinventez votre vie professionnelle !

Devenir maman peut entraîner une profonde remise en question de son mode de vie, de ses priorités, de sa vision de l’équilibre entre vie de famille et vie professionnelle. Aussi, il n’est pas rare qu’à cette « croisée des chemins », des femmes décident de changer de métier, de lancer leur propre activité professionnelle, ou encore, de se mettre à leur compte (activité free-lance).

Faîtes une pause (congé parental) et avec l’aide d’un coach professionnel (accompagnement du changement), envisagez de nouvelles possibilités.

Dans tous les cas, ne remettez jamais de démission hâtive à votre employeur.
Et prenez cette décision d’un commun accord avec votre conjoint. Son soutien, comme son adhésion à votre projet, sont indispensables.

Si la tentation d’arrêter de travailler est trop forte (souhait de démissionner), et que votre changement de vie s’accompagne d’une forte envie de devenir mère au foyer, prenez le temps de la réflexion. La décision que vous prendrez sera forcément la bonne, mais projetez-vous avec lucidité sur ce que celle-ci entraîne (budget, isolement, considération sociale…) et même si cela se passe très bien dans la majorité des cas, nous vous recommandons de mûrir cette décision à deux.

 

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